Editorial - Dans une étable Imprimer
Samedi, 16 Janvier 2010 10:21

mascaret305Anniversaire

Jésus est né dans une étable. Noël en est la fête. Et cette fête du Seigneur est pour nous le grand rendez-vous le plus stable de l’année. Car c’est résolument un Anniversaire. Divin et messianique, mais un anniversaire, avec la loi de son genre : une date stable, inoxydable, le 25 décembre. Pourtant, rien n’évoque la stabilité apparemment dans la crèche de Noël. Dans notre église, tout d’abord, comme dans nos foyers, la Crèche est cette œuvre d’art éphémère (Que l’on se souvienne toutefois que la Crèche ne se défait guère qu’au soir de la Chandeleur, le 2 février) dont les minutieuses ingéniosités sont rarement sujettes à de la stabilité. Ensuite, quand on pense à la vraie et sacrée Crèche, celle de la grotte de Bethléem, c’est bien dans la grande précarité que naquit le Seigneur Jésus : Venu parmi les siens, il est reçu dans l’instable séjour de ses parents, pour une nuit, au terme d’un périlleux voyage de 120 km. Je dis bien pour une nuit, car ce serait faire injure à saint Joseph de penser qu’il en resta là : Non dès le jour, il trouva mieux, sans doute chez un cousin, honneur oblige !

Le sens de la famille


outefois, si l’on dépasse l’apparence du cliché, force est de constater que c’est une œuvre de grande stabilité qui fit naître le Fils de Dieu dans la grotte de Bethléem. Ce voyage qui amena Marie et Joseph dans ce village, c’est l’effet de l’empereur Auguste et de son recensement. Mais si Auguste obligea les plus grands époux de l’Histoire à un voyage si épuisant pour la mère de Dieu, ce fut en raison du respect politique des Romains pour l’attachement tenace des Juifs, comme de tous les Orientaux, à  leur lieu d’origine. Si les familles se subdivisaient en plusieurs maisons, on gardait alors obstinément le souvenir de son origine. C’est donc sous l’effet de cette grande stabilité que Jésus naquit ainsi.
C’est d’ailleurs avant tout pour cela que l’on doit considérer Noël comme une fête familiale : Marie et Joseph nous ont montré héroïquement le respect de la famille. D’ailleurs les migrations de Noël, pour fêter Noël en famille, sont une véritable imitation de la Sainte Famille. Le cousin inconnu, de la famille de David, qui finit par recevoir Jésus, Marie et Joseph mériterait que l’on connaisse son nom !

Stable , Étable et Table

Pour ces bonnes raisons, les paroissiens qui seront loin de Saint-Éloi à Noël, seront excusés. Tout comme ceux qui se retrouveront pour cette occasion dans notre belle église seront les bienvenus. J’en profite pour un petit coup d’aiguille (de sapin) : Quand on reçoit chez soi ou même quand on est chez les autres, surtout sa famille, surtout des éloignés de la pratique, on embarque tout le monde à l’église : votre respect de la famille sera celui-là : ancré dans le respect de Dieu, surtout à Noël. ! (Esprit) stable, Étable (de Bethléem) et Table (des invités) ne doivent pas s’opposer.

La famille de Saint-Éloi


Mais cela dit, la stabilité de Joseph et Marie dans leur attachement familial me fait leur confier l’attachement à notre famille paroissiale. L’Avent est l’occasion de considérer sous une certaine lumière les fêtes qui s’y trouvent incluses. C’est ainsi que l’Immaculée Conception nous permet de voir comment Dieu a préparé la venue de son Fils par une digne mère, sans tâche.
Eh bien, je voudrais que l’Avent, temps du voyage de la sainte Famille à Bethléem, temps d’achèvement de la Sainte Famille et temps qui inclut notre fête patronale de saint Éloi, nous fasse voir cette fête du 1er décembre d’une façon toute familiale, qui nous rassemble tous. La  célébration de la Saint-Éloi et son vin chaud sur le parvis furent un succès. Je félicite les paroissiens et les rappelle plus nombreux l’an prochain. Sans concurrence avec Noël, cela va de soi, la Saint-Éloi, le 1er décembre, doit néanmoins être pour nous une date inoxydable. Le bon saint Éloi nous protège mais compte sur nous.
Puisque nous en sommes aux dates où la famille nous attend. Je vous rappelle aussi la date du samedi 23 janvier 2010 : À 10 heures, S. Exc. Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne, pontifiera dans notre Paroisse pour ordonner diacres et sous-diacres de l’Institut du Bon Pasteur. Cet évêque, avant toutes choses, vient nous visiter. Nommé par Benoît XVI, sacré évêque de Bayonne le 30 novembre 2008 par notre archevêque, le cardinal Jean-Pierre Ricard, métropolitain, Mgr Aillet représente l’avenir de l’Église. Si j’insiste sur cet événement, et demande la participation des paroissiens, c’est parce que si bien des choses vont lentement, c’est parce que «  là où il n’y a pas de bœufs, la crèche est vide, mais la vigueur des bœufs procure des revenus abondants » (Livre des Proverbes 14, 4). C’est coquinement dit à l’approche de Noël. Mais autrement dit, de notre participation dépend aussi l’avenir de l’Église.

Revenons à nos moutons


En effet, tout n’est pas dit sur la stabilité et la paix que nous offre la Crèche et la Sainte Famille. La lecture rapide de l’Evangile a laissé croire à beaucoup que si Jésus est né dans une crèche, c’est faute de place dans l’hôtel de Bethléem. Mais il est écrit qu’« il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie » (Luc 2, 7). Parce que dans ces circonstances de recensement et donc de surpopulation, ce que recherchaient Marie et Joseph, devant l’imminence de la Nativité, c’était la tranquillité, la paix. L’étable était peut-être occupée par un âne et un bœuf c’est une prophétie d’Isaïe qui le suggère : « Le bœuf connaît son possesseur et l’âne la crèche de son maître » (Is. 1, 3). Il y eut aussi des moutons, à l’arrivée des bergers. Cette grotte à bestiaux était peut-être sombre. Mais il y avait la paix et le silence nécessaire pour entendre le concert des anges (Gloria in excelsis Deo), et c’est ce qui comptait.
C’est cette paix, dans la joie toute proche de Noël que je souhaite à tous les paroissiens de Saint-Éloi, à tous les lecteurs de Mascaret, et à tous les hommes de bonne volonté.

Abbé Yannick Vella