| Editorial - Le temps favorable |
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| Vendredi, 20 Mars 2009 21:01 |
La sortie de notre lettre aux amis "La Pastorale", que vous avez tous entre les mains, (si ce n'est fait, servez-vous au présentoir ou commandez-la chez Melle Monique Laguérie, 9 rue Franquet 75015 PARIS : c'est gratuit !) va permettre à notre bon vieux Mascaret de se restreindre à sa fonction primordiale et spécifique de bulletin paroissial de la paroisse personnelle Saint-Eloi. Aussi les nouvelles générales de l'Institut du Bon-Pasteur seront à puiser là, tandis que celles de Saint-Eloi seront à glaner ici. Sans oublier toutefois que notre paroisse reste la maison-mère de l'Institut, même si la direction centrale devrait, à terme, être transférée à Paris.Le nombre et la cadence des activités prévues pour le troisième trimestre sont tels qu' il nous faut absolument, en ce carême qui commence, nous concentrer sur notre vie spirituelle : prière, sacrements, lectures, méditations, œuvres de charité et de sanctification. C'est maintenant le temps favorable, c'est aujourd'hui le jour du salut ! Réfléchissons très simplement et avec réalisme : la vie de l'Eglise et de ses fidèles, les baptisés, ne consiste pas d'abord dans le combat et les interventions extérieures. Certes, l'actualité religieuse de ces dernières semaines est tellement fournie et ses enjeux si considérables que nous aurions la tentation, apparemment légitime, de réduire tous nos efforts, prières comprises, à cette préoccupation du bien commun de l'Eglise, délaissant l'intimité divine de nos âmes. Et il ne manquerait pas d'arguments sérieux pour justifier une semblable attitude : primauté du bien-commun sur le bien privé. Mais quelle illusion, contre laquelle le Seigneur Jésus nous met continuellement en garde : "Que sert à l'homme de gagner l'univers, s'il en vient à perdre son âme ? Ou bien que donnera l'homme en échange de son âme ? " La générosité naturelle des âmes bien nées peut les distraire facilement d'elles-mêmes, de leur Créateur, de leur Rédempteur, à raison même de cet altruisme natif et d'un souci, ô combien légitime, du bien des autres. Sans doute la vertu de justice, dit saint Thomas, a d'abord pour objet le bien commun. Certes, nous savons que Dieu récompense toujours la générosité et combien de ces âmes auront été sauvées par la miséricordieuse bienveillance de Dieu à leur endroit. Mais il n'en demeure pas moins vrai que la soif de Dieu est d'abord celle de nos âmes, de notre charité, de notre délicatesse à son égard. Il ne faudrait pas que la cause de Dieu prenne le pas, dans nos vies, sur Dieu Lui-même, privant ce dernier de ce qui fait ses délices : "être avec les enfants des hommes". Si votre soif de Dieu est tarie, dites-vous que celle de Dieu est inextinguible... D'ailleurs, une telle attitude peut rapidement dégénérer. Elle peut très vite nous couper de la grâce de Dieu et stériliser tout ce que nous croyons faire pour Lui. "Sans moi, vous ne pouvez rien faire". A oublier notre condition absolue de serviteurs inutiles, on prend insensiblement nos préoccupations pour ses desseins, nos gesticulations pour ses menées. Avons-nous oublié ces avertissements sévères du Seigneur contre ceux qui ont fait de leur cause personnelle celle de Dieu (au lieu de faire l'inverse !) : "Beaucoup me diront en ce jour-là : Seigneur, n'est-ce pas en votre Nom que nous avons prophétisé ? N'est-ce pas en votre Nom que nous avons chassé les démons ? Et n'avons-nous pas, en votre Nom, fait beaucoup de miracles ? Alors, Je leur dirai hautement : je ne vous ai jamais connus. Retirez-vous de moi, artisans d'iniquité" ! (Mat 7, 22). Si les prophéties, chasser les démons et même accomplir des miracles ne suffisent pas pour accréditer un homme auprès de Dieu (Saint Paul tiendra le même langage dans son hymne à la charité, 1 Cor 13, dont le début est une reprise mot à mot ) que dire de nos illusions endémiques sur nos réunions fécondes , nos correspondances géniales, nos (brillantes) communications informatiques, notre sens des affaires, nos qualités affichées, notre débrouillardise légendaire, notre plume incomparable, notre prudence admirable, notre audace inégalée, notre intelligence exceptionnelle, notre savoir-faire universel et j'en passe et des meilleurs... Tout ça ne vaut rien, strictement rien, si vous n'aimez pas Dieu et votre prochain... comme vous-même. Et le Seigneur vous dira "hautement" : "je ne vous ai jamais connus". Le carême est d'abord un temps de réflexion (flexion nouvelle sur soi-même), de retrait, de silence ; dans le bruit effrayant duquel nous allons nous peser vraiment pour ce que nous sommes devant le poids de Dieu, l'écrasante pesanteur de sa charité. Pas le poids des mots, pas le choc de notre image devant des mortels aussi minables que nous. Se comparer aux autres est la plus mortelle et la plus stérile des illusions humaines : on en oublie à coup sûr le principal et l'unique de l'homme, sa responsabilité. Si vous voulez changer (un tout petit peu), il vous faut commencer par là. C'est le service unique que peuvent vous rendre vos péchés (à supposer que votre amour propre ne les ait pas de longtemps surnommés "vertus") : vous faire saisir combien Dieu ne marche pas dans les combines de ce que vous baptisez votre "personnalité" ou votre "mission". Dieu est amour, un point c'est tout. Là où est la charité, Dieu se trouve. Un chrétien qui s'agite, bouge, démontre, épate, sans s'être d'abord "fondé et enraciné" dans la charité, est un spectacle affligeant : une marionnette "emportée à tout vent de doctrine", un charlatan, un clown, et pour finir un scandale. Voilà la vraie problématique du carême : je roule pour qui ? Pour quoi ? "Vanité des vanités, tout n'est que vanité", hors d'aimer Dieu de tout son cœur (et non pas d'en faire profession) et son prochain pareillement ; mais attention, là, ça se voit... Abbé Philippe Laguérie |


La sortie de notre lettre aux amis "La Pastorale", que vous avez tous entre les mains, (si ce n'est fait, servez-vous au présentoir ou commandez-la chez Melle Monique Laguérie, 9 rue Franquet 75015 PARIS : c'est gratuit !) va permettre à notre bon vieux Mascaret de se restreindre à sa fonction primordiale et spécifique de bulletin paroissial de la paroisse personnelle Saint-Eloi. Aussi les nouvelles générales de l'Institut du Bon-Pasteur seront à puiser là, tandis que celles de Saint-Eloi seront à glaner ici. Sans oublier toutefois que notre paroisse reste la maison-mère de l'Institut, même si la direction centrale devrait, à terme, être transférée à Paris.