Editorial - Longue vie à notre cher "Mascaret" ! Imprimer
Samedi, 25 Avril 2009 10:45
mascaret300Tout d'abord signalons, saluons même, ce numéro pascal 2009 de "Mascaret" qui porte le numéro 300. Eh oui, quand j'arrivais à Bordeaux en 1998, je fondais ce bulletin paroissial de Notre Dame du Bon-Conseil intitulé pompeusement à l'époque "B.C.G" bulletin catholique girondin. En vérité ce n'était pas une création mais une refonte: il succédait à "Mater boni Consilii" qui fêtait son numéro 200 (quelques textes repris et le calendrier liturgique) et c'est pourquoi le futur célèbre "Mascaret" portait le numéro 201 à sa sortie. Il y a eu quelques trous mais à peine et nous vous avons livré 100 numéros en 10 ans. Pas mal quand même, quand on sait le stress qui accompagne chaque sortie, laquelle n'aurait pas même lieu sans la vaillance de sa secrétaire de rédaction, Marie-Hélène Le Noac'h, que je veux saluer en premier parce que, sans elle, sans sa douce et résolue fermeté, chaque numéro serait un avorton. Mascaret lui doit sa survie et se doit bien de le lui dire affectueusement. Signalons aussi notre vaillante Marie Dansan qui tient avec brio et constance le fichier des abonnés et Mme Cénac qui assure le routage. Il y a bien sûr notre maquettiste Olivier Laroche qui, sans bruit mais toujours efficace nous fait une présentation et une relecture vraiment dignes et notre webmaster Erwan Le Noac'h. En 2002 ce bulletin est devenu, par les circonstances que vous savez, celui de notre belle paroisse personnelle de Saint-Eloi. Il a connu des plumes glorieuses et regrettées: celle de l'abbé Héry dans ses études théologiques d'une rare précision et finesse qui faisait mouche à tous les coups dans des temps difficiles. Celle de l'abbé de Tanoüarn, dans sa célèbre "Palombière" qui redressait les chemins tortueux et aplanissait les raboteux. Que ne nous envoient-ils pas tous deux, comme ça, de temps à autre, une petite piqûre de rappel, pour notre plaisir et pour raviver ce "souvenir en moi qui luit comme un ostensoir"! Ils sont débordés, direz-vous, et malheureusement vous avez raison. Il y a eu nombre de collaborateurs ecclésiastiques plus éphémères; tous les prêtres desservant la paroisse ont planché: abbés Bernabé, Maignant, de Champeaux, Guelfucci, Prieur, Perrel, Julien, Spinosa, Gaillard, Berche... Les laïcs n'ont pas davantage à rougir de leur prestation: le nom "Mascaret" fut trouvé par Jean-Marie Molitor qui en assura les premières impressions, avec sa femme Dominique. Le grand Yves Amiot honora longtemps de sa plume magistrale cette modeste parution! Mais aussi Maître Rémy, le Général Champoiseau, M. Bibonne, M. Pierron, Mme de Lapasse, Mme Touche, Mme Rivière, Mme Hugues, Mme Lundi, toujours de service, M. Le Noac'h, plus à propos que jamais...
Qu'on ne s'étonne pas de trouver inclus dans ma reconnaissance les noms de ceux que les événements ont pu retrancher des colonnes. Je ne suis pas comme cela. Un service rendu demeure, et avec lui la gratitude qui lui est due. D'autant qu' à ce jeu, on abandonne la vérité, tout simplement. Pour mes 25 ans de sacerdoce, on avait rayé mon nom du "mémento". Aux 30 ans de Saint Nicolas, on fait l'impasse des quinze ans que j' y ai passés... On peut bien pardonner tout cela (on le doit, il le faut) mais ne surtout pas se permettre d'imiter ces purges staliniennes. Je remercie donc sincèrement tous ces collaborateurs d'un jour ou de toujours.
Mais le mérite de "Mascaret" dépasse la vaillance de ses collaborateurs: il a été notre voix, unique à l'époque, qui nous a permis, au prix de quels efforts, de nous transplanter du fébrile statut de « sans papiers » à la paisible reconnaissance actuelle. Il n'est pas jusqu'au Bon-Pasteur, derrière et avec Saint-Eloi, qui ne lui doive cette reconnaissance historique.
Les combats de "Mascaret" ne sont d'ailleurs pas finis, au contraire, même si, par une redistribution spectaculaire des cartes et de la géo-stratégie ecclésiale, les alliances objectives se recomposent. Le monde entier se permet d'attaquer le Pape, avec une bêtise et une suffisance aussi pitoyables que sordides et voici que les excommuniés d'avant-hier deviennent ses meilleurs défenseurs! Je ne vais pas, moi aussi, y aller de mon petit couplet sur le préservatif, la longueur comparée des virus et des semences, les savoir-faire discutables, les porosités, les fiabilités du produit et les contre-performances de ses consommateurs. Non mais, des fois! Je prêche Jésus-Christ crucifié et ressuscité, point c'est tout. Je me contente de dire et de redire avec le Pape que la solution de l'Eglise Catholique est évidemment (et heureusement!) autre: respect, connaissance, confiance, maîtrise. En un mot: amour véritable et fuite du péché qui le défigure et dénature. Et donc, vie de prière et sacramentelle. L' Eglise possède les vraies et seules efficaces solutions. Mais le temps est venu "où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine" nous a prévenu l'Apôtre. Que ne se contente-ils de les ignorer ou de les mépriser: ils doivent les combattre et les interdire. Dialogue de sourd dans lequel ces journalistes et ces politiques pensent évidemment "sexe" dès qu'on leur parle "amour". Qui sont les autistes et les gens à problèmes ? L'organe de la pensée est le cerveau, du moins chez les gens normalement constitués!
Mieux vaut rester dans la gloire de la résurrection et de "votre vie cachée en Dieu dans le Christ". C' est l'intimité de quelques âmes avec Dieu qui peut en sauver beaucoup d'autres. Ne nous contentons pas de célébrer le mystère: tâchons d'y pénétrer et d'y demeurer. " Demeurez avec nous, Seigneur, car il se fait tard".
Et longue vie à notre cher "Mascaret" !
Abbé Philippe Laguérie